Quand l’éducation devient le miroir des fractures sociales et politiques.

Le Tchad, État laĂŻque, un et indivisible, traverse une pĂ©riode de tensions religieuses prĂ©occupantes, dont les rĂ©cents Ă©vĂ©nements survenus Ă  Amdjarass constituent une illustration inquiĂ©tante. Des affrontements et agressions ciblant des citoyens chrĂ©tiens ont ravivĂ© le dĂ©bat national sur le vivre-ensemble, la responsabilitĂ© de l’État et le rĂŽle fondamental de l’école dans la construction de la cohĂ©sion sociale.

L’école, espace de rencontre ou de fracture ?

Historiquement, l’école tchadienne a Ă©tĂ© un lieu de brassage, oĂč enfants de toutes origines, religions et rĂ©gions partageaient les mĂȘmes bancs, sans distinction de foi, de couleur ou d’appartenance communautaire. Cette Ă©cole formait des citoyens avant de former des croyants.

Aujourd’hui, certains observateurs dĂ©noncent une instrumentalisation des diffĂ©rences, nourrie par un systĂšme perçu comme hiĂ©rarchisant les individus et marginalisant certaines communautĂ©s. Lorsque l’école cesse d’ĂȘtre un espace neutre et sĂ©curisĂ©, elle devient le reflet de fractures plus profondes.

La responsabilité des autorités pointée du doigt

Plusieurs voix accusent certaines autoritĂ©s locales et religieuses d’entretenir un climat de tension, par des discours jugĂ©s provocateurs ou exclusifs. Des prises de position publiques, notamment le refus de reconnaĂźtre certaines fĂȘtes religieuses nationales, ont Ă©tĂ© perçues comme des signaux dangereux dans un pays fondĂ© sur la coexistence pacifique des confessions.

Pour de nombreux citoyens, ces dĂ©rives ne sont pas le fruit du hasard, mais le rĂ©sultat d’un dĂ©ficit d’encadrement, d’éducation civique et de neutralitĂ© de l’État.

Ignorance, manipulation et violences

Le manque d’éducation au dialogue interreligieux favorise parfois la stigmatisation et la dĂ©shumanisation de l’autre. Certains jeunes, influencĂ©s par des discours extrĂ©mistes ou simplistes, en viennent Ă  considĂ©rer leurs concitoyens d’une autre foi comme des ennemis, alors qu’ils partagent la mĂȘme nation.

Cette situation rĂ©vĂšle une urgence : rĂ©investir l’éducation comme outil de paix, de comprĂ©hension mutuelle et de citoyennetĂ©.

Restaurer la confiance et protéger tous les citoyens

Face Ă  l’insĂ©curitĂ© ressentie par certains ressortissants, notamment originaires du sud du pays, des appels sont lancĂ©s pour que l’État garantisse la sĂ©curitĂ© de tous, sans distinction. Lorsque les institutions Ă©ducatives et administratives ne parviennent plus Ă  rassurer, la fracture nationale s’aggrave.

Lecture Afroscopie : la paix commence par l’école

Pour Afroscopie News, la situation d’Amdjarass est un signal d’alerte. Le Tchad ne peut se permettre de laisser prospĂ©rer des divisions religieuses qui menacent son unitĂ©.

📌 La paix ne se dĂ©crĂšte pas, elle s’enseigne.
Et l’école doit rester le premier sanctuaire du vivre-ensemble.


âœđŸŸ Clement DJOMS
Correspondant – SociĂ©tĂ©
AFROSCOPIE News

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