À quelaues mois de l’edition Cannes 2026, retour sur un moment fort qui a marqué l’histoire du cinéma africain avec Jackie Deschamps.

Lorsque le Festival de Cannes 2025 s’est ouvert, la section Un Certain Regard a fait un choix fort et symbolique : confier son ouverture à Promis le ciel (Promised Sky), le troisième long métrage de la réalisatrice tuniso-française Erige Sehiri.

Un an plus tard, alors que l’édition 2026 se prépare pour le mois de mai, ce film continue de résonner comme un jalon majeur pour le cinéma africain, désormais reconnu comme une voix centrale des grands enjeux contemporains.

Un film africain pour raconter l’Afrique autrement

Avec Promis le ciel, Erige Sehiri a proposé un regard rare et nécessaire sur la migration intra-africaine, loin des récits réducteurs focalisés uniquement sur le départ vers l’Europe.

Le film suivait le destin de trois femmes africaines — une pasteure, une étudiante et une mère en exil — dont la cohabitation fragile était bouleversée par l’arrivée de Kenza, une fillette de quatre ans rescapée d’un naufrage.

À travers ce récit intime, la réalisatrice inversait les points de vue :

« En Tunisie, les Ivoiriens, Nigérians, Maliens ou Congolais sont désignés comme “Africains”, en oubliant que nous, Tunisiens, faisons aussi partie de ce continent. »

Un rappel essentiel, à l’heure où plus de 80 % des migrations africaines se déroulent à l’intérieur du continent, réalité encore largement absente des écrans.

Les femmes africaines au centre du récit

Le film a marqué par son choix assumé de placer des femmes africaines issues de milieux sociaux différents au cœur de la narration. Sans misérabilisme ni idéalisation, Promis le ciel a offert des portraits complexes, incarnés, profondément humains.

Ce parti pris artistique a confirmé une tendance forte du cinéma africain contemporain : reprendre la maîtrise de ses récits, de ses visages et de ses voix.

Un tournage entre réalité et fiction

Le tournage du film avait été profondément marqué par une interaction constante entre la réalité et la fiction. Des événements vécus hors caméra — comme une altercation réelle entre enfants congolais et tunisiens — avaient directement nourri certaines scènes.

Le lieu principal de tournage, une église en activité, s’était progressivement transformé en espace de parole et de refuge, notamment pour la communauté ivoirienne, donnant au film une dimension collective rare.

Aïssa Maïga, un choix artistique fort

Pour incarner Marie, la pasteure, Erige Sehiri avait fait le choix d’Aïssa Maïga, figure incontournable du cinéma africain et afro-diasporique. Son interprétation avait apporté au personnage une liberté, une modernité et une profondeur, loin de toute représentation figée de la foi.

Ce casting illustrait une conviction forte de la réalisatrice : le dialogue entre acteurs professionnels et non-professionnels enrichit le cinéma, tant sur le plan artistique qu’humain.

Cannes 2026 en ligne de mire

À l’approche de Cannes 2026, Promis le ciel reste un repère. Il a montré que le cinéma africain n’est plus cantonné aux marges du festival, mais qu’il peut :

  • ouvrir une section majeure,
  • poser des questions universelles,
  • et engager une réflexion profonde sur la responsabilité collective.

Que deviendra cette génération d’enfants survivants ?
Qui porte aujourd’hui la responsabilité : le pays où ils survivent ou la communauté qu’ils ont quittée ?

Des questions toujours brûlantes, à l’aube de la prochaine édition.

Lecture Afroscopie

Pour Afroscopie News, l’ouverture de Un Certain Regard 2025 par Promis le ciel a marqué un avant et un après. Elle a confirmé que le cinéma africain ne cherche plus sa place à Cannes : il la définit.

📌 À l’approche de Cannes 2026, l’Afrique arrive au festival non plus comme invitée, mais comme force créative incontournable.


✍🏾 Jackie Deschamps
Rédactrice – Culture
AFROSCOPIE News

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