Niamey durcit le ton face aux accusations françaises et replace le débat sur le terrain de la souveraineté nationale.
Une semaine après l’annonce par la justice française de l’ouverture d’une enquête pour « vol en bande organisée dans le but de servir les intérêts d’une puissance étrangère », les autorités nigériennes sont sorties de leur réserve. Le 27 décembre, les ministres nigériens des Mines et de la Justice se sont exprimés lors d’un point de presse à Niamey, rejetant fermement les accusations et réaffirmant la pleine souveraineté du Niger sur ses ressources en uranium.
Rejet catégorique des accusations de vol
Face aux accusations portées en France, les autorités nigériennes ont dénoncé ce qu’elles qualifient de narratif infondé et politiquement orienté, estimant que les opérations minières sur le territoire nigérien relèvent exclusivement de la compétence de l’État souverain du Niger.
Les ministres ont insisté sur le fait qu’aucune extraction, aucun transfert ni aucune gestion de l’uranium nigérien ne peuvent être assimilés à un vol dès lors qu’ils s’inscrivent dans un cadre légal défini par l’État.
La Somaïr au cœur du bras de fer
Le site de la Somaïr, situé dans le nord du pays, demeure le principal point de crispation entre Niamey et le groupe français Orano, ex-Areva. Cette mine, stratégique pour l’économie nigérienne et pour l’approvisionnement énergétique international, est aujourd’hui au centre d’un litige complexe.
Plusieurs procédures d’arbitrage international sont actuellement en cours, témoignant de la profondeur du différend entre les deux parties.
Une bataille juridique, mais aussi politique
Pour les observateurs, ce dossier dépasse largement le cadre judiciaire. Il s’inscrit dans un contexte plus large de recomposition des relations entre le Niger et la France, marqué par une volonté affirmée des autorités de transition de reprendre le contrôle des ressources stratégiques.
Le discours officiel nigérien s’aligne sur une dynamique sahélienne plus large, où la question de la souveraineté minièredevient un symbole de l’émancipation économique et politique.
Lecture Afroscopie : l’uranium, symbole d’une Afrique qui revendique
Pour Afroscopie News, cette affaire illustre un tournant majeur : celui d’une Afrique qui questionne les accords hérités du passé et revendique une gestion plus équitable de ses richesses naturelles.
Au Niger, l’uranium n’est plus seulement une ressource minière ; il est devenu un levier de souveraineté, de dignité nationale et de rapport de force géopolitique.
Le bras de fer entre Niamey et Orano pourrait redéfinir durablement les règles du jeu minier au Sahel.
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