Ouagadougou — Le président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, a effectué une visite marquante le 22 avril 2026 au Centre Pénitentiaire Agricole de Baporo (CPAB), situé dans la province du Sanguié (région du Centre-Ouest).
Une visite rare pour un chef d’État en exercice, qui s’inscrit dans le cadre de la vision de réformer le système carcéral burkinabè en le transformant en un centre de réhabilitation et de production
Punir autrement : produire et apprendre
Selon cette vision, l’incarcération ne doit pas se limiter à l’enfermement car ce programme permet aux détenus de :
- travailler dans les exploitations agricoles publiques,
- apprendre un métier,
- réduire leur peine selon leur engagement.
L’idée : préparer le retour à la société plutôt que prolonger l’inaction.
Vers une réforme du modèle pénitentiaire
Le discours porté autour de cette initiative critique implicitement les systèmes carcéraux hérités de la période coloniale, souvent centrés sur la punition plutôt que sur la réhabilitation.
Le Burkina Faso semble vouloir promouvoir un modèle davantage tourné vers :
- la discipline productive,
- la réinsertion économique,
- la responsabilisation,
- la contribution au développement national.
Agriculture et justice sociale
Dans un pays où la souveraineté alimentaire est un enjeu majeur, associer agriculture et politique pénitentiaire peut également répondre à plusieurs objectifs a savoir :
- lieu de production,
- formation professionnelle,
- réduction des coûts carcéraux,
- réintégration progressive.
C’est en a Bobo-Dioulasso dans le cadre de la 22e édition de la Semaine Nationale de la Culture (SNC), que le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré à fait cet arrêt majeur au Centre pénitentiaire de Baporo (CPAB) dans la province du Sanguié.
Sur cet site, les détenus pratiquent l’agriculture et l’élevage . Un Champ de maïs de 40 hectares en exploitation en pleine saison sèche a seduit les visiteurs du jours.
Rappelons que le centre avait deja réalise une production de plus de 240 tonnes de mais en 2025 et compte tripler cette production dans les années à venir.
Des questions à encadrer
Comme tout système de travail pénitentiaire, cette approche soulève aussi des enjeux essentiels :
- respect des droits des détenus,
- volontariat réel,
- conditions de travail,
- accès équitable aux remises de peine,
- suivi après libération.
Une philosophie de la seconde chance
Le message politique est clair : certaines peines doivent corriger et reconstruire, pas seulement exclure.
Transformer la prison en tremplin ?
Si elle est bien illustrée, cette orientation pourrait inspirer d’autres pays africains en quête de systèmes plus efficaces.
Car parfois, la meilleure sortie de prison commence par une compétence acquise derrière les murs.
Par Giscard Ndjogou | Actualités Afroscopie












