L’absence de mécanismes de contrôle efficaces dans le secteur minier gabonais ferait perdre à l’État plus de 50 milliards de francs CFA par an.
C’est l’alerte lancée par Mégane Kouna, PDG de la société gabonaise Talex, dans un entretien accordé à Forbes Afrique.
Alors que le Gabon s’impose aujourd’hui comme le deuxième producteur mondial de manganèse, cette situation met en lumière un paradoxe préoccupant : une richesse minérale abondante, mais des retombées budgétaires largement en deçà du potentiel réel.
Un secteur miné par les mauvaises pratiques
Selon la dirigeante de Talex, plusieurs dysfonctionnements structurels fragilisent la gouvernance minière :
- sous-déclarations des volumes extraits,
- exonérations fiscales peu transparentes,
- faible traçabilité des exportations,
- et suivi quasi inexistant des chaînes de production.
Autant de failles qui favorisent les pertes de recettes publiques et réduisent l’impact du secteur sur le développement national.
Pour Mégane Kouna, ces pratiques ne relèvent pas seulement d’un déficit technique, mais aussi d’un manque de systèmes indépendants et intégrés capables de fiabiliser les données de production.
Talex plaide pour une révolution du contrôle minier
Face à ce constat, la jeune entreprise gabonaise Talex propose la mise en place d’un dispositif moderne de contrôle, reposant sur :
- la digitalisation des flux,
- un suivi en temps réel des volumes produits,
- une interconnexion des administrations concernées,
- et un mécanisme indépendant de vérification.
L’objectif : restaurer la transparence, sécuriser les recettes fiscales et permettre à l’État de mieux capter la valeur issue de ses ressources naturelles.
Quand la technologie rencontre la gouvernance
Pour la PDG de Talex, l’innovation peut jouer un rôle décisif dans la transformation du secteur extractif gabonais.
En automatisant la collecte des données et en réduisant les marges de manipulation humaine, ces outils contribueraient à renforcer la crédibilité du pays auprès des investisseurs, tout en assurant une meilleure redistribution des richesses.
Cette approche s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation de l’administration publique et de lutte contre l’évasion des ressources.
Un enjeu stratégique pour l’économie gabonaise
Au-delà du cas du manganèse, c’est l’ensemble du modèle extractif gabonais qui est interpellé.
Dans un contexte de diversification économique et de recherche de nouvelles marges budgétaires, améliorer la gouvernance minière apparaît comme un levier majeur de souveraineté économique.
Les plus de 50 milliards FCFA évoqués représentent autant de moyens potentiels pour financer :
- l’éducation,
- la santé,
- les infrastructures,
- et l’innovation locale.
Une voix entrepreneuriale qui interpelle l’État
À travers son plaidoyer, Mégane Kouna incarne une nouvelle génération d’entrepreneurs africains qui ne se contentent plus d’identifier les problèmes, mais proposent des solutions concrètes, fondées sur la technologie et la transparence.
Son message est clair :
👉 sans contrôle fiable, il n’y a ni gouvernance efficace, ni développement durable.
✍️ Signature :
Ange Ymele
Économie – AFROSCOPIE News
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