La région du Nord du Cameroun arrive en tête du classement national 2025 en matière d’exécution des plans d’actions régionaux de lutte contre la corruption, selon la Commission nationale anti-corruption (CONAC). Un leadership toutefois nuancé par des performances globales encore en deçà des standards attendus.
La région du Nord s’est hissée en tête du classement national 2025 relatif à l’exécution des plans d’actions régionaux de lutte contre la corruption. L’annonce a été faite par Ernest Kowo, Secrétaire permanent de la CONAC, lors de la cérémonie officielle de présentation des vœux au président de l’institution, Dieudonné Massi Ngams Conac.
Ce résultat découle de l’évaluation de deux ateliers organisés par la CONAC, portant sur la mise en œuvre des plans d’actions régionaux anti-corruption pour les périodes 2022 et 2025. Avec un taux d’exécution de 40,04 %, la région du Nord devance l’ensemble des autres régions du pays. À l’opposé du classement, la région du Nord-Ouest ferme la marche avec 21,60 % d’exécution Conac.
Si cette première place constitue un signal encourageant, la CONAC appelle toutefois à la prudence. Le Secrétaire permanent souligne que ce score demeure inférieur au seuil de performance jugé acceptable, fixé à 50 %. Il pointe notamment « une appropriation encore insuffisante des plans d’actions au niveau local » ainsi qu’« un engagement inégal des acteurs chargés de leur mise en œuvre » Conac.
À moins d’un an de l’échéance de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption, l’institution dresse un constat préoccupant : la mise en œuvre des plans d’actions demeure globalement limitée sur l’ensemble du territoire. Une situation qui favorise, selon la CONAC, la persistance et parfois l’aggravation de la corruption au sein des administrations publiques, des services étatiques et de certains secteurs stratégiques de l’économie nationale Conac.
Les chiffres officiels confirment cette tendance. En 2025, la CONAC a enregistré 3 517 dossiers de dénonciation d’actes de corruption, contre 2 542 en 2024, soit près de 1 000 dossiers supplémentaires en l’espace d’un an. Pour les responsables de l’institution, cette hausse traduit à la fois une montée de la vigilance citoyenne et une activité accrue de la CONAC. Elle met cependant en lumière plusieurs défis structurels persistants : insuffisance de personnel, équipements limités, coopération inégale avec certaines administrations, lenteurs judiciaires, et surtout un budget resté inchangé depuis 2012, malgré l’augmentation constante des signalements Conac.
Face à ces défis, la CONAC annonce pour l’année en cours la mise en œuvre de mesures visant un relèvement substantiel des performances régionales, afin de renforcer l’efficacité globale de la lutte contre la corruption, à l’approche de l’échéance de la stratégie nationale en vigueur Conac.
Signature
✍️ Salomon Ntap
Correspondant AFROSCOPIE News – Cameroun
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