Trois ans après les Jeux de la Francophonie organisés à Kinshasa, l’événement censé célébrer le rayonnement culturel et sportif de la République démocratique du Congo se transforme en crise financière et institutionnelle majeure.
Des entrepreneurs congolais, engagés dans la construction des infrastructures ayant accueilli les Jeux, dénoncent aujourd’hui un non-paiement estimé à 37 millions de dollars, malgré des travaux entièrement exécutés.
Un calvaire financier pour des entreprises locales
Selon plusieurs correspondances adressées à la Présidence de la République et révélées par la presse, ces entreprises affirment avoir préfinancé les chantiers sur fonds propres, sous la pression des autorités, afin de garantir la tenue de cet événement international.
Stades, sites culturels, installations sportives et infrastructures annexes ont bien été livrés dans les délais. Pourtant, les soldes des factures restent impayés, plongeant ces entrepreneurs dans une situation économique critique.
« Nos entreprises sont au bord de l’asphyxie financière. Des emplois ont été supprimés, des familles impactées, et certains envisagent la fermeture pure et simple », alerte l’un des signataires du courrier adressé au cabinet présidentiel.
Un courrier choc adressé au sommet de l’État
Daté du 14 novembre 2025, le courrier qualifié de « choc » est adressé au Directeur de Cabinet du Président Félix Tshisekedi. Les signataires y réclament le paiement immédiat des créances dues, rappelant que les promesses répétées de règlement n’ont jamais été honorées.
Ils dénoncent également une absence de reconnaissance institutionnelle, alors même que ces infrastructures continuent d’être exploitées pour d’autres compétitions internationales, notamment des événements sportifs continentaux.

Une image écornée pour l’État congolais
Au-delà de l’impact économique, cette affaire soulève une question centrale : quelle crédibilité pour l’État congolais auprès des investisseurs nationaux et internationaux ?
Alors que le discours officiel met en avant l’attractivité du pays et la promotion du secteur privé, ces entrepreneurs estiment être devenus les victimes silencieuses d’un système défaillant, où les engagements publics ne sont pas respectés.
« Nos contributions ne doivent pas être oubliées. Ce n’est pas un cri de révolte, mais un appel à la justice », écrivent-ils.
Vers un bras de fer judiciaire ?
Face à ce qu’ils qualifient d’« impasse », certains investisseurs envisagent désormais de saisir des juridictions nationales et internationales pour faire valoir leurs droits. Une option qui, si elle se concrétise, pourrait exposer l’État congolais à une nouvelle tempête judiciaire et médiatique.
Les Jeux de la Francophonie, symbole d’un paradoxe africain ?
Pensés comme une vitrine de la RDC moderne et dynamique, les Jeux de la Francophonie révèlent aujourd’hui un paradoxe récurrent : des événements prestigieux, mais des retombées économiques mal gérées, souvent au détriment des acteurs locaux.
La question demeure :
👉 Peut-on bâtir une crédibilité internationale durable en fragilisant ceux qui construisent le pays ?
✍️ Giscard Ndjogou
Politique & Gouvernance – AFROSCOPIE News
Tags SEO :
#RDC #JeuxDeLaFrancophonie #Tshisekedi #Investisseurs #Kinshasa #Gouvernance #Économie #Infrastructures #AfroscopieNews












