Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans sa politique économique.
Le gouvernement a adopté, le 12 février 2026, un décret réservant désormais le commerce de détail aux citoyens burkinabè ainsi qu’aux ressortissants des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Cette mesure s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer la souveraineté économique nationale, tout en protégeant les acteurs locaux face à une concurrence jugée déséquilibrée.
Une priorité donnée aux opérateurs nationaux et régionaux
Selon les dispositions du décret, les activités de commerce de détail seront désormais limitées :
- aux Burkinabè,
- aux citoyens des pays membres de l’AES,
- sous réserve d’une clause de réciprocité avec les États concernés.
L’objectif affiché est de favoriser l’émergence d’un tissu économique local plus solide, capable de capter davantage de valeur ajoutée et de créer des emplois sur le territoire.
Une clause de réciprocité
Le texte introduit également une clause de réciprocité, indiquant que les ressortissants étrangers ne pourront exercer certaines activités commerciales que si leurs pays accordent les mêmes droits aux Burkinabè.
Cette disposition vise à instaurer un principe d’équilibre dans les relations économiques et commerciales.
Fin des « achats bord champ » pour les étrangers
Autre mesure notable : l’interdiction des « achats bord champ » pour les opérateurs étrangers.
Cette pratique, qui consiste à acheter directement la production auprès des agriculteurs avant son passage sur les marchés locaux, est perçue par les autorités comme une menace pour la stabilité des revenus des producteurs.
Le gouvernement estime que cette décision permettra :
- de mieux protéger les agriculteurs,
- de renforcer les circuits commerciaux nationaux,
- et de limiter les spéculations.
Entre souveraineté économique et débat sur l’attractivité
Si la mesure est saluée par certains acteurs économiques comme un pas vers une meilleure maîtrise de l’économie nationale, elle suscite aussi des interrogations.
Des observateurs s’interrogent sur :
- l’impact possible sur les investissements étrangers,
- la disponibilité de certains produits,
- et la compatibilité avec les règles régionales de libre-échange.
Le défi pour les autorités sera donc de trouver l’équilibre entre protection du marché local et attractivité économique.
Une stratégie alignée avec la vision de l’AES
Cette décision reflète la dynamique actuelle au sein de l’Alliance des États du Sahel, qui met en avant l’autonomie économique, la valorisation des ressources locales et la coopération régionale comme leviers de développement.
Pour le Burkina Faso, il s’agit d’un signal fort : la souveraineté économique devient un pilier central des politiques publiques.
✍🏾 AFROSCOPIE News
Économie – Afrique de l’Ouest
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