Mode : des réfugiées africaines piégées entre rêve et exploitation dans l’industrie du mannequinat

Mode : des réfugiées africaines piégées entre rêve et exploitation dans l’industrie du mannequinat

Kakuma — Derrière les lumières des podiums européens, une réalité plus sombre émerge. Dans certains camps de réfugiés, notamment en Afrique de l’Est, des jeunes femmes, majoritairement sud-soudanaises, deviennent des cibles privilégiées pour certaines agences de mannequins.

Faciles à recruter, mais aussi à renvoyer, ces talents précaires se retrouvent souvent au cœur d’un système déséquilibré.

Du camp de réfugiés aux podiums européens

C’est le parcours qu’a connu Achol Malual Jau, 23 ans. Depuis le camp de Kakuma, elle s’est entraînée pendant des mois, apprenant à marcher en talons avec l’espoir d’une nouvelle vie.

En février 2023, elle rejoint l’Europe pour défiler. Pendant cinq mois, elle vit ce qu’elle décrit comme une expérience « merveilleuse ».

Mais le rêve est de courte durée.

Un retour brutal à la réalité

Après quelques mois, Achol est renvoyée dans son camp d’origine, sans ressources financières.

D’autres jeunes femmes, selon plusieurs témoignages, rentrent dans une situation encore plus difficile :

  • endettées,
  • sans contrats suffisants,
  • et contraintes de rembourser des frais avancés par les agences.

Un système économique déséquilibré

Les agences prennent en charge :

  • billets d’avion,
  • hébergement,
  • visas.

Mais ces coûts deviennent des dettes si les mannequins ne décrochent pas suffisamment de contrats.

Résultat : certaines se retrouvent à devoir plusieurs milliers d’euros, sans réelle possibilité de remboursement.

Entre opportunité et exploitation

Si l’industrie de la mode offre des opportunités réelles, elle expose aussi ces jeunes femmes à :

  • une forte précarité,
  • un manque de protection contractuelle,
  • et des rapports de force inégaux.

Une question de responsabilité

Cette situation interroge l’ensemble du secteur :

  • les agences,
  • les marques,
  • et les structures de régulation.

Car derrière chaque silhouette sur un podium, il y a une histoire, parfois marquée par la vulnérabilité.

Redonner une voix aux invisibles

Le parcours d’Achol et de nombreuses autres rappelle une réalité essentielle : le rêve ne devrait jamais se transformer en piège.

Et pose une question urgente :
qui protège ces talents venus des marges ?

Par Sandrine Toure | Afroscopie News


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