Reportage Afroscopie – Quand apprendre devient un acte de courage.
Dans le sud du Tchad, au cœur de la province du Mayo-Kebbi Est, précisément dans le département de la Kabbia, sous-préfecture rurale de Gounou-Gaya, le village de Boro 3 offre une image qui interroge la conscience collective : des salles de classe faites de paille, fragiles, ouvertes aux vents, à la pluie et au temps.
Ici, l’école existe.
Mais elle tient debout par la volonté des enfants et le sacrifice des familles, plus que par la présence de l’État.
Une école sans murs, sans bancs, sans enseignants suffisants
À Boro 3, les élèves n’ont pas de tables-bancs.
Ils s’assoient à même le sol, cahiers posés sur les genoux ou sur la terre battue. Les infrastructures sont précaires, souvent improvisées à partir de matériaux locaux, principalement de la paille.
Plus grave encore, la localité fait face à un manque criant d’enseignants, obligeant parfois un seul maître à encadrer plusieurs niveaux, quand il n’est pas tout simplement absent faute d’affectation ou de moyens.
👉 Apprendre, ici, relève moins d’un droit que d’un combat quotidien.
Des enfants motivés, un système défaillant
Malgré ces conditions indignes, les enfants de Boro 3 continuent de venir à l’école.
Ils arrivent tôt, repartent tard, animés par une soif d’apprendre qui contraste douloureusement avec la pauvreté des moyens mis à leur disposition.
Cette réalité met en lumière un paradoxe africain trop souvent ignoré :
📌 la motivation existe, mais le système abandonne.

Une fracture éducative persistante
Le cas de Boro 3 n’est malheureusement pas isolé. Il illustre la fracture éducative profonde entre zones urbaines et rurales, entre centres administratifs et villages oubliés.
Pendant que certains établissements bénéficient de bâtiments modernes, d’autres survivent dans des conditions qui :
- compromettent la qualité de l’enseignement,
- découragent les enseignants,
- exposent les enfants aux abandons scolaires précoces.
L’éducation rurale, parent pauvre des politiques publiques
À Afroscopie News, une question s’impose :
👉 comment parler de développement, de paix et d’avenir quand l’école rurale est reléguée au rang de simple abri de fortune ?
Investir dans l’éducation rurale, ce n’est pas une faveur.
C’est une obligation morale, sociale et stratégique.
Sans école digne :
- pas de formation,
- pas d’égalité des chances,
- pas de développement durable.
Lecture Afroscopie : l’urgence d’agir
Le village de Boro 3 nous rappelle une vérité essentielle :
📌 une nation se juge à la manière dont elle éduque ses enfants les plus éloignés du pouvoir.
L’État tchadien, les collectivités locales, les partenaires techniques et financiers, mais aussi la société civile, ne peuvent plus détourner le regard.
L’éducation ne peut rester une promesse constitutionnelle non tenue.
✍🏾 Clement DJOMS
Correspondant – Tchad
AFROSCOPIE News
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